Blog » Next08 et le déclin de l'audience de masse

 4 Comments- Add comment | Back to Blog Written on 14-May-2008 by Gdugardier

Je fais un saut à Hamburg pour participer à la conférence Next08 organisée par SinnerSchrader pour la 3è année consécutive, avec une très probable belle réussite cette année encore, plus de 1200 participants, 4 sessions parallèles, un elevator pitch pour les start-ups, etc....

Je vais de mon côté participer à une discussion sur le thème suivant: "How to reach the FMCG consumer in the age of declining mass media audience", et 30 minutes pour tenter d'apporter quelques éléments de réponse à une question qui est loin d'être simple...

En tant que français, je vais souligner un point spécifique lié à notre situation vis à vis de la publicité ou plutôt de la très proche disparition de la publicité sur les chaînes publiques souhaitée et décidée par notre Président... A l'ère de la "Long Tail", avec la fragmentation des media et la multiplication des canaux disponibles, on pouvait s'attendre à ce que le coût de l'espace sur les grandes chaînes aille en diminuant, d'autant plus que l'audience recule sans cesse. Mais non, bien au contraire, avec la suppression d'environ 800 millions de revenus pour les chaînes publiques, la raréfaction de l'espace disponible, les chaînes privées vont surenchérir et cet espace va nous coûter encore plus cher alors que paradoxalement il sera moins "utile" qu'auparavant... Damned...

Le second point (je ne peux en traiter que 3..) que je souhaite aborder est celui lié à l'évolution de la notion de "contact". Les nouveaux media apportent une foule de moyens pour engager une relation avec les consommateurs, ce qui va nous pousser à nous aventurer sur d'autres terrains. Se contenter de sensibiliser ou d'exposer une cible à des messages n'est définitivement plus suffisant. Il faut aller plus loin. Cela implique de se poser des vrais questions quant au type de contact et à sa valeur. En ce qui me concerne, je préfère qu'une personne soit active avec ma marque plutôt que passive. Difficile je pense de ne pas être d'accord avec cela... Du coup, l'échelle d'intensité de cette relation offre de nombreux niveaux qui vont de la simple exposition à une publicité à l'accomplissement d'une action pour la marque, concrètement l'acte d'achat. Entre les deux, une large avenue est ouverte. Si on se concentre sur le potentiel apporté par le monde numérique, on peut alors commencer avec de simples interactions comme un vote sur un digg-like, un commentaire sur une note, puis passer à un niveau de participation un peu plus avancé avec une note sur la marque dans un blog avec un lien entrant, un épisode de podcast dédié, un groupe dans un réseau social, etc, etc... On pourrait détailler cette échelle longuement, mais le point ici est qu'il apparait nécessaire de redéfinir les méthodes d'évaluations quanti et quali de ces contacts réalisés entre une marque et son audience, parce que le système actuel souffre nettement d'archaïsme, n'ayons pas peur des mots... Zut, j'ai déjà glissé sur mon troisième point: l'évaluation...

Conversation Index, Social media index, quelle théorie pouvons nous tenter de ramener à des éléments concrets et tangibles, mesurables ? Autant ces théories semblent bien articulées, autant je ne vois pas comment concrètement je peux les mettre en oeuvre dans une vraie campagne...

Voilà, j'ai survolé rapidement ces angles, j'espère que les réactions des participants vont faire apparaitre quelques éléments de réponses, le temps sera court, et cela va certainement se finir comme d'habitude, par des discussions animées entre les sessions...

Je tente un compte-rendu juste après la conférence. (j'ai écrit "je tente"...)

PS: j'écris cette note dans des conditions déplorables, lobby d'hôtel très bruyant ambiance lounge, malheureusement pas de wifi dans la chambre, donc je suis coincé au pied de la sono, là ou se trouve le dit "wifi"...Très bien cet hôtel à Hamburg cela dit....;o)

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Comments

  • written on 14-May-2008

    cedric says:

    Ton post rejoint ma pensée sur un problème important de la publicité sur le net : malgré toutes les promesses de traçabilité que nous entendons depuis... le début du net, force est de constater que le manque de chiffres "honnêtes" n'incite pas les annonceurs à investir. En effet, quelles sont les critères de mesure fiables pour un industriel qui annonce en ligne (quelque soit la forme d'ailleurs) ? Augmenter les visites de son, so what ? Ce qu'il cherche c'est à vendre ses produits.

    Enfin bref, je me pose beaucoup de questions à ce sujet aussi... Ton compte-rendu est attendu avec impatience !

  • written on 15-May-2008

    jbp [http://jbp.typepad.com] says:

    Lorsque tu dis : "les chaînes privées vont surenchérir et cet espace va nous coûter encore plus cher alors que paradoxalement il sera moins "utile" qu'auparavant...", il faut quand même s'interroger sur le fait que des annonceurs sont prêts à payer pour les montants demandés. Tant que cela fonctionne, il n'y pas de raisons que les diffuseurs réduisent la facture (offre/demande).
    Cela revient à dire que la valeur d'une publicité en mass-media n'a pas forcément de corrélation directe avec des chiffres de fréquentation, mais avec la valeur qu'est prêt à lui accorder un annonceur. Les chiffres de fréquentatio, d'impacts...etc. ne seraient là que pour saupoudrer une once de rationalisme qui ne rassurent que ceux qui veulent bien y croire.

  • written on 15-May-2008

    Gdugardier [http://www.guillaumedugardier.fr] says:

    @jbp> Dooooucement cher ami...;o) Nous ne sommes absolument pas emballés à l'idée de devoir payer plus cher moins d'audience, nous sommes tributaire de la future position quasi dominantes de certaines chaînes privées. Nous sommes obligés d'y aller, et vu la bousculade qu'il va y avoir au portillon, nous serons loin d'une position de force... On parle quand même de 800 millions d'EUR ici...!

    @Cédric> Oui, c'est là une grande partie de l'enjeu, comment le online mène au magasin... Pas simple, surtout quand le lien est rompu quand on passe du online au offline.

  • written on 15-May-2008

    cedric says:

    Je rebondis sur jbp (en tout bien tout honneur...) : ceci dit, le problème de la transformation d'une publicité en télévision n'est pas aussi claire que cela non plus. Je me rappelle notamment des pubs que nous faisions chez AOL, à la grande époque (enfin, avant...). Certes le standard explosait dans les minutes qui suivaient la pub, mais très vite cela retombait. Je crois que c'est toute la force du marketing direct et notamment des prospectus dans les boites aux lettres de maison : les papiers trainent plus ou moins sur la table du salon (ou aux toilettes...). En tout cas, il y a une présence plus longue dans le champs visuel des prospects. Pour revenir à AOL, c'est pour cela qu'ils ont envoyé tant de CD : l'idée était que les gens en aient au moins 1 sous la main pour l'utiliser le jour où ils se disaient : "Bon, et si j'essayais internet". Bref, cela me fait revenir au commentaire de Guillaume : je ne suis pas sûr que le online soit plus mauvais que la télé en terme de transformation. Par contre, il faut clairement aller sur le mobile. Etre présent dessus, par un moyen quelconque (tags RFID sur les 4x3 par exemple) afin d'être dans la poche du prospect. Et là, au sens propre, l'annonceur dort avec son prospect. Voila ma vision des choses. D'ailleurs si vous avez des fonds, j'ai pas mal d'idées sur le marketing mobile :)

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